Opinion By Félix Lapan et Karima 595 Views

1er mai: pour éviter le mur, il faut sortir de la crise en santé et en sécurité

Nous prenons la parole aujourd’hui en tant que travailleuses et travailleurs. Nous qui maintenons le Québec à bout de bras depuis des lustres.

À quelques jours du 1er mai, Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, nous sonnons l’alarme, car nous voyons le mur arriver rapidement… trop rapidement. Et il nous semble que celles et ceux qui nous gouvernent ne le voient pas.

Pourtant, ce mur arrive à une vitesse vertigineuse en raison des multiples crises que nous vivons : crise sanitaire, crise économique, crise des conditions de travail, crise écologique, crise sociale… Ça ne peut plus durer, on ne pourra pas nous épuiser et nous user sur tous les plans encore longtemps.

Peser sur le frein ne sera pas suffisant. Un changement de direction majeur est nécessaire pour éviter ce mur. Pour la santé et la sécurité de toutes et de tous, c’est au plus vite qu’il faut agir pour s’en sortir, pour s’en sortir pour vrai.

Ce changement de direction nécessite un travail qui ne nous rend pas malades.

Pouvoir compter sur des travailleuses et des travailleurs en santé est essentiel. Pour sortir de la crise en santé et en sécurité, il faut que la santé physique et la santé mentale soient mieux protégées. Mieux protéger au quotidien la santé des travailleuses et travailleurs, c’est aussi les accompagner adéquatement lorsqu’ils et elles sont victimes d’un accident du travail ou d’une maladie psychologique et instaurer une réelle culture de prévention. Malheureusement, le projet de loi 59 proposé par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, ne propose pas d’améliorer les choses. Il prévoit plutôt des reculs majeurs en ce qui concerne la prévention et la réparation des lésions professionnelles.

Ce changement de direction nécessite un salaire décent.

Actuellement, des centaines de milliers de personnes peinent à joindre les deux bouts. Pour sortir de la crise en santé et en sécurité, il faut offrir un salaire décent à toutes les travailleuses et à tous les travailleurs. Un salaire décent constitue un levier concret pour permettre de réduire les inégalités et, ainsi, favoriser une plus grande justice sociale.

Ce changement de direction nécessite de pouvoir compter sur des droits renforcés.

Le respect des droits de tous les citoyens et citoyennes ne peut être malléable et négociable au gré des humeurs politiques. Pour sortir de la crise en santé et en sécurité, les droits de la personne doivent être prioritaires dans l’élaboration et l’amélioration des politiques publiques et dans les choix économiques gouvernementaux. La crise sanitaire nous a encore une fois cruellement démontré à quel point les inégalités sont criantes en matière de droit au travail, de protection sociale ou d’éducation. Le respect de l’ensemble des droits économiques et sociaux est urgent.

Ce changement de direction nécessite des services publics forts.

La crise sanitaire a mis en lumière, plus que jamais, l’importance d’avoir accès à des services publics de qualité. Pour sortir de la crise en santé et en sécurité, il faut un réinvestissement majeur dans les services publics, notamment en santé et en éducation, et la mise en place de mesures structurantes qui permettront d’offrir de meilleures conditions de travail à ceux et celles qui les dispensent. C’est le meilleur moyen de garantir les services publics auxquels la population a droit.

Ce changement de direction nécessite un réel engagement environnemental.

La relance économique se doit d’être écologique. Pour sortir de la crise en santé et en sécurité, il faut absolument démontrer une réelle volonté de s’attaquer aux changements climatiques, d’accorder les énergies nécessaires pour y arriver et prendre le chemin d’une transition juste et nécessaire